AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE: Ligne 9 - Le Bac
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DATE: 7/25/2003
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La petite ensanglotante cyclique : Quatre juillet. Station, Michel-Ange Molitor. Il est onze heures du matin. Désormais, tous les bacheliers de France et de Navarre connaissent leurs résultats de bac.
Une fille monte dans le métro avec ses amis. Ils discutent très fort, sont très contents, et le wagon est alors très très calme. Finalement, la fille en question se lève de son strapontin et lance au wagon "Mesdames et Messieurs, j'ai une annonce à vous faire ! Ce matin, c'était les résultats du bac. Et... ça s'est bien passé, merci !!"
Une soixantaine de paire d'yeux la regarde, tandis que ses amis tentent doucement de se cacher en s'aplatissant au sol.
Elle reprend : "Vous avez le droit de nous applaudire, merciiiiii". Quelques gens applaudissent, beaucoup sourient.
Et cette fille, c'était moi !
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AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE: Ligne 4 - ARRIVEE
STATUS: Draft
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DATE: 7/21/2003
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BODY:
Human Target : J'arrive de province... Je quitte ma modeste ville de 200 000 habitants pour l'enfer parisien...
Tout se précipite. On est dimanche soir et je commence lundi. Gare Montparnasse, forcément, je fais un peu tâche, ne sachant pas trop où me diriger. Forcément, je gêne, je m'écarte pour laisser passer les pressés et visiblement, même si on me regarde comme si j'étais dingue, les gens, un peu surpris, me remercient. Dans le métro, j'emmerde tout le monde avec mon gros sac et là encore, on me regarde avec des sourires... Une personne, même, se met à me demander d'où je viens...
Bref, le choc est grand et la révélation intéressera le reste de la France : les parisiens peuvent être sympa (surtout le dimanche après-midi)...
Ca fait une semaine que je sillonne les RER, metro etc... et finalement, pour un peu qu'on soit souriant et poli, on arrive à leur faire perdre le masque sinistre de l'usager des transports en commun. Peut-être que c'est l'été, les beaux jours, l'espoir de 2 mois sans grêves... mais finalement, c'est agréable.
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AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE: RER A - ...
STATUS: Draft
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DATE: 6/27/2003
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CATSANDCO : Un samedi soir, vers 23h, je rentre chez moi par le RER. Je m'assoie, il y a un couple d'amoureux en face de moi, une petite famille à coté et deux hommes avec un gamin de 10 ans environ sur les strapontins derrière moi. Bref, un samedi soir ordinaire sur la ligne A.
Mais petit à petit, je m'aperçois qu'il se passe quelque chose : le couple et la petite famille ont les yeux rivés derrière moi, en direction des deux hommes et l'enfant. Je me retourne et je vois ... Le gamin était en fait sur les genoux de l'un des deux monsieurs et se fesait peloter ouvertement par celui-ci. Il lui soulevait le tee-shirt lui caressait le torse et tout, c'était absolument dégoutant.
Le plus étrange, finalement c'est que lorsqu'on entend parler de ce genre d'histoire, on se dit que c'est inadmissible et que si on avait vu ça on aurait fait quelque chose. Mais ni moi ni qui que ce soit n'avons bougé le petit doigt, on était juste très content lorsqu'on a pu quitter le RER et cette atmosphère malsaine par la même occasion.
Mais quand on y pense, qu'est ce qu'on aurait pu y faire?
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AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE: RER A - LA FÊTE DES MUSICIENS DU METRO
STATUS: Draft
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DATE: 6/25/2003
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Lunar : Après être passé chez Brentano's pour récupérer une copie du Tome 5, j'ai repris ma route vers le métro. Je savais qu'un concert avait lieu à la station Auber, avec les "musiciens du métro". Étrange cette volonté récente de la RATP de vouloir apposer une marque sur ces inconnu-e-s, tellement ignoré-e-s des gens qui passent, indifférent-e-s, pressé-e-s, anesthésié-e-s.
Couloir, couloir, tapis roulant, couloir, couloir, couloir, escalier, couloir, couloir. Marche menant vers l'énorme plateforme d'Auber, celle qui surmonte les quais de la ligne A du RER. Cette énorme plateforme horrible, rappelant ces histoires de science-fictions où nous vivons tous sous terre. Et puis, en descendant cet escalator familier, un brouhaha inhabituel. De la musique c'est sûr, mais avec une puissance et une variété inhabituel pour le métro. J'accélère le pas.
Une scène, une vraie, avec 2 énormes rampes de spots, au milieu de la station. Un écran sur lequel s'agite un énorme logo RATP. Quelques personnes autour, pas mal assises sur le sol, d'autres debout, mais ça ne remuait pas beaucoup, malgré l'énergie de ce qui passait sur scène.
Ils étaient 7 quand je suis arrivé : un accordéon, une batterie, une basse, un guitare, un harmonica/percu et deux chanteuses. Deux chanteuses pleines de pêche, et qu'on entendait à peine. Impossible de sonoriser correctement une station de RER peut-être.
À les écouter là, des souvenirs sont remontés. Comme cette fois où j'avais mon Didgeridoo sur l'épaule, en route vers le LAP, changement Pasteur. En empruntant le couloir menant à la 12, j'entend monter les vibrations d'une percussion. Arrivé à la hauteur du musicien et de ses énormes dreads, un regard, et j'ai sorti mon Didg', sans rien dire, et nous avons commencé ce petit boeuf improvisé. Les réverbérations dans un couloir de métro me faisait trembler de la tête au pied. Et puis après un petit quart d'heure, toujours sans rien dire, avec un sourire, j'ai repris ma route...
Retour au son, qui était bon. Ils s'appellent les Fada et ils se produisent le 9 juillet à 20 heures au café Montmartre. Pourquoi pas ?
Je suis parti après. Trop envie de retrouver le soleil et d'attaquer mon nouveau pavé.
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AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE: Rer B - SAINT MICHEL
STATUS: Draft
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DATE: 6/24/2003
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Nausée : Je les ai vu ces innocents charognards bariolés, puis entendu japper leurs ingénus slogans.
Non sans mal, je garde la tête haute, pas vraiment par dignité, plutôt par instinct de survie : ne pas se laisser submerger par la honte.
Cinq, six étudiants enchiffonnés glapissent d’un air jovial « à bas la guerre ». Quelle peine de les voir ainsi s’agiter ainsi dans l’indécence la plus complète. Ces maigres corps assemblés transpirent la sincérité, mais cette évidence est sabotée par une maladresse toute aussi festive que juvénile.
Ces pénibles litanies n’auront eu vocation, je l’espère, qu’à rester sous-terre. Je ne m’offusquerai donc pas de la trop joyeuse troupe car la scène, aussi pathétique soit-elle, s’est jouée à tombeaux fermés ; et ce n’est que pour vanter les vertus obscurantistes de la ligne B, que je l’exhume timidement.
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AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE: LIGNE 5 - INCOHERENCE
STATUS: Draft
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DATE: 6/21/2003
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BODY:
La RATP observe-t-elle la vie de ses lignes ? Porte-t-elle la moindre attention à la fréquentation de ses rames, à ses variations suivant les saisons ? On est en droit de se le demander. Chaque été, dès que débute le festival de cinéma en plein air de la Villette, la ligne 5 connait, aux heures où le soleil se couche, un pic de fréquentation pour le moins significatif. Dans une ambiance relativement bon enfant, une pléthore de parisiens l'empruntent jusqu'à la station Porte de Pantin, la plus proche du parc où sont projetés les films. A la fin de la séance, la même station déborde des mêmes parisiens se pressant pour entrer dans les quelques métros qui restent avant la fin du service. Bref, la station Porte de Pantin fait partie de ce rituel estival, elle est la porte vers les films.
La RATP la ferme du 23 juin au 4 septembre inclus. "Pour toute la durée du service". Chapeau bas, moi je suis heureux d'avoir un vélo.
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AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE: RER A - Promiscuité et pervers
STATUS: Draft
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DATE: 6/20/2003
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Swanky : Il y a quelques jours, après une longue et pénible journée de travail, je prend enfin le RER pour rentrer chez moi.
A Chatelet où je monte, il n'y a pas énormément de monde, mais pour une raison inconnue, énormément de monde monte à Gare de Lyon, à tel point qu'on est tous encastrés les uns dans les autres. Par malheur pour moi, je suis juste à côté d'un gros pervers qui met sa main à un endroit un peu gênant. Au début, je me dis le pauvre malheureux, on est tellement coincé, il n'a pas vu où il la mettait. J'essaie donc de me pousser...bizarement, sa main se déplace en même temps que moi!!! J'essaie ensuite de le regarder bizarement (genre : faut pas te gêner, gros porc), j'essaie de le coincer avec mon sac, de lui donner des gros coups de coude dans le bide il essaie toujours de me coller (même si au moins il n'y arrive plus).
Et finalement, je n'ai pu m'en débarasser que lorsque j'ai quitté le RER. Heureusement que je n'habite pas à Trifouilly les oies. Et ce jour là j'ai maudit mon caractère qui m'empêche de pêter des scandales dans les lieux publics avec des inconnus (surtout quand ils peuvent éventuellement être dangereux).
Donc je dis, à quand les RER individuels (un train ou un wagon par personne) ????
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AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE: Ligne 7 - LES GREVES TOUJOURS
STATUS: Draft
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DATE: 6/13/2003
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Maïa : Nous, les Parisiens (comprendre: les maîtres du monde), on est pourtant habitués. Et bien là, question empilage, c'est pire. Mais peut-être qu'on a chaque fois l'impression que c'est pire. Tassés et contorsionnés, mes compagnons de galère transpirent et virent à l'écarlate: leur agressivité est presque solide. Ce genre de situations met mon absence de claustrophobie à rude épreuve.
Appel humoristique du conducteur: "On ne partira jamais, rentrez les ventres." Forcément, les gens se marrent jusqu'aux aisselles, qu'ils ont plus nombreuses que de raison. Tout le monde se marre avec des clins d'oeil entendus vers les bedonnants, sauf la fille en face de moi qui vient de se mettre à pleurer. Gros sanglots saccadés, authentique crise de nerfs, elle se tire comme elle peut. Deux secondes après, une autre s'y met aussi. Même résultat: elle finit par sortir.
Voilà, les portes ont enfin assez de place pour se fermer, le métro peut partir, soulagement général. A travers les vitres, je vois s'éloigner de moi les deux silhouettes accablées, bloquées sur le quai.
On va enfin pouvoir rentrer chez nous, mais c'est pas sûr qu'on soit gagnants, pas sûr que ça en valait la peine.
En plus, la marche, ça muscle les fesses.
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AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE: Châtelet - L'INNOCENCE
STATUS: Draft
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DATE: 6/12/2003
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BODY:
La petite ensanglotante cyclique : L'autre jour, un des très nombreux escalators de Châtelet. Un jeune type, derrière moi : "Mademoiselle, mademoiselle !" (à ce moment là je me pare très fort, en préparant déjà la classique accélération droit devant, bouche fermée). Le bougre continue, gentiment. Je me retourne, oeil blasé derrière le verre de lunette et sourire absent : "Oui ?" Avec un peu de chance, c'est un sympathique dragueur qui s'amuse. Au pire, une sangsue.
"C'est à dire que j'arrive de province."
L'escalator est tout à coup très très lent.
Je ne réponds pas, parce que je ne vois pas quoi répondre. Franchement, vous me voyez lui dire que j'en suis ravie ? Il continue : "Je trouve que les gens se parlent très peu à Paris." Je grommelle un insignifiant "Euh oui probable..." Il vient, sans le savoir, de tomber sur l'asociale numéro un du métro, qui n'est même pas foutue d'esquisser un sourire à la fin de cette dernière phrase, tellement elle a peur d'être face au serial killer des campagnes, venu tout spécialement pour l'agresser, elle, petit machin d'un mètre soixante, dans les couloirs de Châtelet.
Fin de l'escalator.
"C'est dommage quand même."
Il vient tout juste de mettre le doigt sur le point sensible. C'est fou comme ce brave type vient de me faire comprendre à quel point les usagers du métro se parent toujours devant une agression éventuelle. Je me sens toute confuse. Cela doit se voir derrière mes lunettes, je tente un sourire désespéré. "Mais vous vous êtes gentille, mademoiselle, merci mademoiselle." Et le voilà qui repart.
Mon dieu que j'ai honte...
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AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE: ENFIN
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DATE: 6/11/2003
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BODY:
Chryde : La vidéo dont je rêvais se trouve ici - le lapin se prend la main dans la porte
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AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE: Ligne 8 - BN
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DATE: 6/11/2003
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BODY:
Manu : Station République, 20h45, au milieu des grèves. La rame du métro est à quai. Les haut-parleurs crachent l'annonce : "En direction de Créteil, la prochaine rame est actuellement à Bonne Nouvelle (hésitation, 3 secondes d'attente)... C'est une bonne nouvelle". Rires jaunes des travailleurs, collés les uns aux autres.
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AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE: RER C - Les Américaines
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DATE: 5/15/2003
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BODY:
Padawan Doum : Quai du RER C, station Champs de Mars - Tour Eiffel. De là partent des trains qui desservent aussi bien Versailles que le Nord de Paris. Dans le couloir qui mène vers les quais, on appercoit vagement un train. Un groupe de femmes, américaines, grisonnantes, court sans ménagement, bousculant les Parisiens fatigués de se dépêcher. Elles veulent aller à Versailles. Elles veulent avoir ce train.
La chef de bande encourage ses coéquipières : "Run, Ladies, Run". Le buzzer du train retentit. Hésitations dans le groupe. La moitié monte dans le train, cheftaine en tête. L'autre moitié reste sur le quai. Le train part, celles qui sont restées dans la station regardent la rame s'éloigner avec un air de stupeur. Une autre chef s'improvise, soudain arrogante et sûre d'elle. "Ok ladies, no panic, we'll take the next one, No worry, I know where we're up to, OK girls ?". Soulagement dans les rangs. Le train suivant arrive. Celui-ci ne va pas à Versailles mais dans le Nord de Paris. Rien à voir. La nouvelle chef monte d'un pas determiné dans le train. Je me demande si je vais leur dire quelque chose. Mais je reste contemplatif et surtout muet.Le train part, emportant la deuxième moitié du groupe dans je ne sais quelle banlieue.
J'ai un peu honte, mais pas trop non plus. Finalement, je parie sur le fait que ça les fasse rire. Un jour.
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AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE: Ligne 9 - LE BANC 2
STATUS: Draft
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DATE: 5/15/2003
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BODY:
WALKYRIE : Comme – presque – tous jours, le métro embarque mon corps pour un voyage souterrain. Il dit « Jasmin », je pense « lilas », les affiches de films s’étirent sur les murs gris, avant-goût de festival haut en couleurs. Je sors mon crayon et je note. C’est cette idée, obstinante depuis peu, qui me fait écrire. Le banc de la Porte de Saint-Cloud.
Cette station-là est un peu étrange. Les portes du train s’ouvrent sur un grand escalier blanc, alors que de l’autre côté du quai il n’y a qu’un mur sale. Un grand escalier, auquel j’associe invariablement des images de gangsters, un landau qui dévale les marches... Je suppose que l’escalier donne sur la place, quelque part entre le McDonald et l’église, et que si on lève les yeux, en sortant de la bouche, on aperçoit le Parc des Princes.
Ce petit banc mystérieux que décrivait Chryde, je le cherche des yeux chaque jour.
Parfois sans trop y penser, furtivement, entre deux pages de roman. D’autres fois je l’évoque longtemps à l’avance, me préparant à scruter le quai dès la lumière aperçue. Mais, que je sois trop distraite ou bien aveugle, je ne l’ai jamais vu. Peut-être n’existe-t-il pas ?
Dès Trocadéro, je prépare tout de même ma chasse au trésor. Aujourd’hui, les métros font le pont, et la vie sous terre semble ralentie. Pressée d’atteindre la fameuse Porte, je grimpe rapidement dans le dernier wagon et m’empare du strapontin. Les stations se succèdent, toutes les mêmes. Le train se vide peu à peu, essaimant ses voyageurs vers d’autres directions. A travers la fenêtre, je suis des yeux la ligne blanche tracée par les câbles dans le tunnel. Nous ralentissons. Le carrelage typique apparaît, nous y sommes.
Pourtant, je ne vois rien. Déçue, j’observe les habitués se hisser à la force des mollets vers l’extérieur. Il serait incongru que je me joigne à eux : la prochaine sortie est la mienne.
Le train redémarre. Je jette un dernier coup d’œil. Il est là, exactement comme je l’imaginais.
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AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE: A / B / D / Est / Nord - RÊVES OU CAUCHEMARS ?
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DATE: 5/13/2003
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BODY:
Emmanuel :
Introduction :
- tous les jours je prends le rer
- les jours de semaine, il y a toujours trop de monde dans les transports
- je suis agoraphobe, et un petit peu claustrophobe
- je suis allé voir Effroyables jardins il y a quelques jours, et la scène de la boue m'a marquée (vous allez voir plus bas)
Donc hier soir, ou plutot ce matin, j'ai fais un rêve étrange.
- Cela se passait à Chatelet les Halles, la station. Il y devait il y avoir un problème technique, et il y avait trop de monde : plus de place sur les quais. La SNCF décide de faire passer les TGV duplex à la place des rer classiques pour absorber la foule sur les voies de la ligne D. Les portes ne se ferment pas. Le train ne part pas. C'est la cohue.
- Même endroit, beaucoup de monde, ligne B : un pompier marche sur la voie, une rame arrive. Le pompier tente de s'écarter. Le rer le fauche, le sang coule. Le rer déraille.
- Gare de l'Est/du Nord : de la boue noire partout. Beaucoup de monde. Problèmes techniques, les trains ne partent plus, il pleut, le jour se lève. Les portes n'arrivent pas à se fermer. Les gens descendent sur la voie. Accident.
- Gare de l'Est/du Nord : trop de gens dans les couloirs. Il pleut, c'est la nuit, et il y a toujours cette boue qui inonde tout le hall. Vision d'un bar du XIXeme siècle, en bois, escalier sombre, affiche d'époque...
- Retour à Châtelet, seul le premier wagon d'une rame arrive à quai. Il y a toujours beaucoup de monde. La vue de la scène se fait du plafond. C'est l'émeute pour rentrer.
- Entre Val de Fontenay et Neuilly Plaisance, le RER roule, il fait beau, pas trop de monde. L'image de Julien vient se superposer.
C'est le matin, je me réveille...
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AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE: Ligne 12 - ILLUSTRATION SONORE
STATUS: Draft
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DATE: 5/13/2003
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BODY:
Pouic : Du nouveau sur la ligne 12 : 2 babichons (âge moyen = 16 ans) branchent leur sono portative et balancent un sample qui déchire. Les 2 brigands se lancent dans un franc parlé hip-hopien en pseudo croate. Ils m'ont réconcilié avec les musiciens du transport en commun souterrain.
Et oui ! on ne joue pas que de l'Albinoni sur la ligne 12.
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AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE: Ligne 12 - STATIONS
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DATE: 5/12/2003
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BODY:
Yarrow : Je sors d'une réunion à Solférino, une de celles qui n'en finissent pas, où des gens qui sont d'accord pinaillent sur des détails.
Je monte dans le train (parce qu'un métro, c'est un train), le temps de me rendre compte que je devais prendre la direction de Porte de la Chapelle, et pas Mairie d'Issy. Je redescends à Rue du Bac, et bloque sur cette femme brune aux lunettes noires et au nez pointu qui se laisse lutiner la nuque par son voisin. Ils se tiennent la main, assis sur les strapontins. Elle me fixe à travers ses lunettes de soleil, j'en suis sûr. Je lui souris gêné; si c'est bien elle, elle sait que je l'ai reconnue. Les portes se ferment sur son sourire.
Je traverse (par les escaliers, hein, pas les voies), et monte dans l'autre train, en espérant un peu naïvement que personne ne m'a vu faire demi-tour. Je m'effondre contre la vitre. Le temps de repérer un ou deux quidams dont j'aurais bien pris la photo, mes yeux se ferment.
Le sommeil du juste me garde jusqu'à Jules Joffrin, où je me réveille en sursaut : j'habite à Marcadet-Poissonniers, ça tombe bien. Mon horloge interne m'étonnera toujours. Je me souviens que la fille aux gants habite une station plus loin avant de me précipiter bêtement hors de la rame.
Je rassemble mes esprits, sors, me réveille au soleil de Marx Dormoy.
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AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE: Ailleurs - BROOKLYN
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DATE: 5/7/2003
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BODY:
Trouvée sur Fotolog
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AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE: Ligne 9 - HYPERTROPHIE DES FORMATS
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DATE: 5/7/2003
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BODY:
Arlequin : Partout, la publicité s'affiche
Souvent, le public s'en fiche
La masse comme une révolte qui gronde
dans un mouvement de fronde
charge à travers les couloirs glacials
matraquée par ces images commerciales.
D'autres par intinct,
ont de leurs petites mains,
détournés ces messages
pour mettre dans nos têtes, des nuages!
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AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE: Ligne 5 - JE M'ENFONCE DANS LA TERRE
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DATE: 5/6/2003
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BODY:
Mariallay : Je quitte le soleil pour faire face aux néons. Au fond, c'est un voyage banal. Comme si le métro pouvait être spécial ?! Dire que j'ai déjà trouvé ça spécial...lorsque je venais d'emménager. Mes pensées dirigées vers la musique qui m'entre dans les oreilles, je ne vois pas la main atterir sur mon bras.
Hé ! Un vieil ami !
Plein de sourires, pleins de rires, des yeux qui brillent, une mise à jour dans les faits d'une vie qui m'est maintenant inconnue et finalement, un trajet qui m'a semblé trop court.
On ne sait jamais où va s'arrêter la banalité pour laisser place à un petit miracle.
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AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE: RER A - B.A.
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DATE: 5/5/2003
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Milky-Way : Dans le métro des fois je vois des gens assis en face de moi, ils ont vraiment l'air d'avoir eu une sale journée. Limite certains, on dirait qu'ils vont aller se foutre en l'air dès la sortie des escalators.
Ces gens-là, les jours où je suis inspirée, je les regarde dans les yeux et je leur fais un sourire gentil, genre "lueur d'espoir-d'amour-de compassion" Et puis après, vite vite je m'en vais parce que je suis pas Lady Di non plus faut pas déconner. Mais j'aime bien croire qu'il est possible d'illuminer la journée des gens le temps d'une étoile filante.
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AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE: Ligne 3 - LE FANTÔME D'OPERA
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DATE: 4/30/2003
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BODY:
Bidibi Jones : Au milieu du quai de la ligne 3, station Opéra, en direction de Levallois, subsiste la cabine exigüe du chef de station, qui l'a depuis bien longtemps désertée pour le confort spacieux de la salle des guichets.
Comment ai-je pu ne jamais la remarquer ? Certes, elle sait se faire oublier : ses vitres poussiéreuses et son coffrage bordeaux se fondent dans le décor de la station, et pour peu que quelques voyageurs s'y adossent, elle devient complètement invisible.
Je l'ai découverte au hasard d'un incident technique sur la ligne 3, qui m'a fait attendre ma correspondance plus longtemps que d'habitude. La journée avait été éprouvante, et c'est en recherchant un mur où reposer mon dos que j'ai buté contre la mystérieuse petite loge. A travers les carreaux sombres, on peut encore voir le micro du chef de station et deux téléphones, qui prennent la poussière depuis des lustres. Rien que de très banal.
Mais sur le plan de travail reposent des objets bien plus incongrus, qui semblent abandonnés là depuis quelques mois pour certains, depuis des années pour les autres : quelques petits livres, de vieux journaux dont je ne parviens pas à lire la date, un magazine exhortant ses lecteurs à déménager de Paris, une fiche horaire du Tarbes-Paris-Arcachon, un guide du CV réussi, et surtout, une série de photos jaunies et floues représentant des visages difficilement identifiables. Ces objets hétéroclites semblent avoir été disposés là à différentes époques : leur degré d'usure variable en témoigne. Comme si quelqu'un venait régulièrement ajouter quelques pièces à ce mystérieux puzzle.
Quelques indices d'une improbable énigme, laissés aux yeux des voyageurs qui les ignorent la plupart du temps. Sans doute un ancien chef de station les a-t-il abandonnés là en témoignage de son passage. Et peut-être revient-il, de temps à autre, hanter sa petite loge bordeaux, poste d'observation privilégié de la vie parisienne. Mon train arrive enfin. Je jette un dernier coup d'œil sur la loge couleur lie-de-vin. Je ne suis pas sûre qu'elle sera encore là la prochaine fois.
Les cabines à quai des chefs de station sont désaffectées depuis 1971.
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AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE: Ligne 21 - DANS LE BUS
STATUS: Draft
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DATE: 4/29/2003
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BODY:
Ouahad : A Opéra je trouve une place à côté de la plus jolie fille du bus.
Elle regarde, engoncée dans un grand manteau blanc, des annonces immobilières, je lis Libé.
A St Germain j'apprends que le montant des infractions est de 30 euros, auxquels s'ajoutent 22 euros de frais de dossier si le montant n'est pas reglé sur le moment.
A côté de la plus jolie fille, à lire Libé, un papier bleu dans la poche, je rate l'arrêt.
Je me retourne, elle non, elle n'était pas si jolie.
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AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE: Ligne 14 - Sans titre
STATUS: Draft
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DATE: 4/16/2003
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POUIC : Seule ligne de métro à 100% automatisée, la 14 relie la Madeleine à la Bibliothèque François Mitterrand, a.k.a. Bibliothèque Nationale de France, a.k.a. Très Grande Bibliothèque. Ah, Madeleine, ses tunnels vitro-métalliques façon films de SF des années 80... ses caméras de surveillance Alien(is)antes par dizaines, par centaines... Y-a-t'il un pilote dans la rame ? NON, comme chacun le sait. Et pour dissuader les éventuels suicidaires, ici, la voie est séparée des quais par des portes vitrées automatiques qui ne s'ouvrent que lorsque le train est à quai. Mon rêve d'enfant de piloter une rame vers l'inconnu est quasiment en train de se réaliser. Evidemment, en tête du Meteor, je partage le pare-brise avec deux ados Japonais, qui eux aussi, prennent des photos pour alimenter leur blog... BNF, terminus.
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AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE: Ligne 2 - MIROIR
STATUS: Draft
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DATE: 4/16/2003
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Spectateurs privilégiés de ce moment magique, les voyageurs de la ligne 2 sont d'abord surpris de voir le reflet de leur propre rame en contrebas. Même rythme, même éclairage blafard, mêmes fauteuils marrons, mêmes silhouettes indistinctes.
Comme si un immense miroir avait été installé sur l'une des parois du tunnel.
Arrivés à Villiers, ils réalisent qu'il ne s'agissait pas d'une quelconque illusion d'optique, mais bien d'un autre train, et d'autres voyageurs, ceux de la ligne 3. Sur le quai de Villiers, les deux rames s'échangent quelques passagers, qui n'ont qu'un escalier à grimper ou à descendre pour changer de ligne. Et passer de l'autre côté du miroir.
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AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE: Ligne 4 - Intime
STATUS: Draft
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DATE: 4/14/2003
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Yarrow : Je suis en train d'écrire ça dans le métro, pour me rendre chez des amis, assis en face d'une jeune fille mignonne comme tout, qui écrit dans son journal intime, fébrilement; nos deux situations nous font sourire.
"J'espère que ces jours vont être meilleurs, ça fait depuis un mois que je n'ai pas une journée sans problème !"
Adorable. Le point d'exclamation en triangle sur la pointe, les petits ronds sur les i, l'écriture bien visible de ma place.
Je ne pense pas qu'elle puisse lire ce que j'écris.
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AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE: Ligne 5 - NE PAS FAIRE RIRE
STATUS: Draft
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DATE: 4/13/2003
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Alan Smithee : le mec qui est (inévitablement) venu faire la manche dans la rame, a mis la banane à tout le monde mais bien involontairement. Le pauvre nous débitait sa litanie mais il avait la voix d'Elie Seimoun. J'ai croisé des regards de gens se pinçant les lèvres pour ne pas rire.
Résultat : pas un kopek. Le rire ne paie pas.
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AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE:
STATUS: Draft
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DATE: 4/12/2003
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Ligne2
L'homme aux jonquilles
Bidibi Jones / L'écume de mes jours : Charles de Gaulle Etoile. Mon regard se perd dans les carreaux oranges des couloirs de correspondance. J’y projette mentalement l’ombre claudicante de Bruno Ganz quelques minutes avant son premier meurtre dans The american friend de Wenders. Je saisis au vol, puis digère quelques bribes de conversations dans des langues que je ne parviens pas toujours à identifier. Je suis en pilotage automatique, j’absorbe les mots, les rires, les éclats de voix, mon regard s’égare sur les mocassins roses d’une touriste japonaise, et sur le sourire forcé de cette petite fille que sa mère prend en photo devant un plan de métro. Il s’arrête bientôt sur ce petit homme, la quarantaine bien tassée, qui emprunte l’escalator voisin au mien. Le bouquet de jonquille qu’il tient comme le Saint Graal à la main contraste avec son costume terne et étriqué. Bousculé par deux adolescentes gloussantes, il reste impassible. Ses yeux sont fermés. Seules ses lèvres remuent. Intriguée, je tends l’oreille mais le brouhaha m’empêche de saisir le moindre murmure. Il semble répéter la même phrase inlassablement, puis tend son bouquet vers le néant. Je le perds de vue alors que je m’engage vers la sortie, pressée par l’imminence d’un rendez-vous. Je le retrouve près de la sortie. Le petit homme s’est arrêté à la deuxième marche de l’escalier menant vers le dehors. Les mains en visière pour protéger ses yeux éblouis par la jolie lumière de mars, il fixe un horizon indéfinissable. Le bouquet qu’il tenait contre son cœur pend maintenant le long de ses cuisses. J’ai juste le temps de le voir s’en retourner dans les couloirs de Charles-de-Gaulle Etoile. Non, aujourd’hui, ce n’était décidément pas le meilleur jour pour tomber amoureux.
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AUTHOR: Chryde Barrow
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STATUS: Draft
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DATE: 4/11/2003
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BODY:
MODIFICATIONS / PARTICIPATION : La page "Participez" ne fonctionnait pas bien. Peut-être n'ai-je pas reçu certaines contributions à cause de cela. Je m'en excuse d'avance. Désormais, tout fonctionne très bien, c'est corrigé, et c'est par là. Ligne 9 a besoin de vos histoires
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AUTHOR: Chryde Barrow
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DATE: 4/10/2003
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Ligne 6
METRO DATING
M. Julien : Elle croyait que c’était sa sacoche. Elle était vraiment désolée de lui avoir fait du pied. Il lisait son journal du soir. Il n’était vraiment pas choqué. Elle croyait qu’il portait les mêmes lunettes qu’elle. Il ne levait même pas les yeux. La quinqua brunette avait fini par intéresser le quinqua poivre et sel. Elle lui parlait ministère de la Recherche. Il lui répondait ministère de l’Education. Ils dissertaient sur un collègue qu’ils avaient dû avoir en commun au milieu des années 90, bureau 32. Elle s’extasiait devant le salaire (traitement, pardon, il est fonctionnaire) du bel homme qu’elle dégustait du regard. Il détournait la conversation du bout des lèvres et abordait son imminente promotion. Alors, elle le complimentait sur son visage radieux. Il souriait. Elle le quittait Place d’Italie. Lui restait. La porte avait claqué. Il s’était replongé dans son quotidien.
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AUTHOR: Chryde Barrow
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DATE: 4/9/2003
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Ligne 4
Jean Echenoz, Je m'en vais : "Dans le métro, quel que soit le coefficient de remplissage de la rame et même quand elle est vide, Baumgartner préfère toujours les strapontins aux banquettes (...). Sur les banquettes, qui sont en vis-à-vis, Baumgartner s'exposerait forcément à se trouver assis à côté de quelqu'un ou en face de quelqu'un, le plus souvent d'ailleurs les deux en même temps. Ce qui induirait encore des frottements et des gênes, des contacts, des difficultés de croisement ou de décroisement des jambes, des regards parasites et des conversation dont il n'a que faire. A tout prendre, même en cas d'affluence où il faut bien se lever pour laisser un peu de place, le strapontin lui paraît préférable en tous points. Il est individuel, mobile et d'utilisation souple. Il va de soi que le strapontin isolé, trop rare, est encore supérieur à ses yeux au strapontin apparié qui présente lui aussi quelques risques de gênes promiscues - celles-ci moins dommageables de toute façon que les incommodités de la banquette. Baumgartner est ainsi".
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AUTHOR: Chryde Barrow
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DATE: 4/9/2003
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BODY:
Lire ça
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AUTHOR: Chryde Barrow
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DATE: 4/8/2003
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Ligne 4
MICHEL LAVILLIERS
Chryde : Dans la ligne 4, un peu trop tôt pour un samedi, je me suis assis en face d'un sexagénaire rock'n'roll. Il ressemblait à Michel Serrault déguisé en Bernard Lavilliers. C'est pas beau à voir. Derrière, debout, grand, vêtu d'une combianison jaune fluo, un black s'est mis à lire un manuel d'art contemporain à voix haute. Trop tôt pour un samedi...
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AUTHOR: Chryde Barrow
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DATE: 4/8/2003
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Ligne 2, quai station Ménilmontant
Métro percussion
Robin :De chaque côté du quai, une foule hétéroclite attends le métro. On retrouve sous terre un échantillon de la population qui peuple encore la surface à cette heure avancée de la soirée : des vieux fatigués et courbés assis sur les sièges en plastique bleu pétrole, des jeunes hommes passablement imbibés accompagnant de jeunes filles radicalement bariolées, quelques marginaux en treillis copieusement piercés…
Un homme vêtu d’un blouson en jean martèle doucement de ses paumes le siège sur lequel il est assis, tout en discutant avec un compagnon. En écho à ce battement discret, de l’autre côté du quai, un cri s’élève : Yiiiihhaaaa
L’homme qui vient de crier - sa petite amie dans les bras - regarde le percussionniste amateur en marquant le rythme de leurs deux corps siamois. Continuant de bouger en mesure, il lâche sa moitié pour se mettre à tambouriner sur une armoire électrique. Le duo est rapidement rejoint par le compagnon de l’homme à la veste de jean, puis c’est au tour des marginaux en treillis de se joindre à la bande se servant du siège-djembé réglementaire sur lequel ils sont assis.
Le staccato souterrain se fait de plus en plus fort, de plus en plus rapide. Tous jouent en rythme. On croirait que les tambours du Bronx donnent un concert dans la station. Un peu partout, des pieds battent la mesure, des têtes bougent en rythme, même celle des vieux fripés. Toute la station est en transe.
Au loin, dans le tunnel, le métro se fait entendre. Les percussionnistes improvisés réduisent leurs battements puis s’arrêtent remplacés par les applaudissements et les acclamations de toute la station. Le métro arrive à quai, les voyageurs entrent, comme si de rien n’était.
J’ai eu beau chercher, je n’ai vu nulle trace d’une quelconque bouteille de boisson pétillante...
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AUTHOR: Chryde Barrow
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DATE: 4/4/2003
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Ligne ?SANS TITRE
Léa, Mots passants : La chaleur est étouffante et la rame file à toute vitesse,
essayant de trouver un brin de fraîcheur dans l'opacité du tunnel qu'elle éclabousse au passage de gouttelettes de sueur.
Je suis debout, le bras tendu vers le piquet, les deux pieds bien ancrés, prête à résister aux freinages intempestifs. Il monte, je n'ai pas vu son visage, je n'ai d'yeux que pour ce bras dénudé, imberbe, qu'il arbore fièrement. Il se place devant moi, et son bras vient frôler mon visage. Je prends un grand bol d'air, il sent bon...
Je m'approche, tout doucement, ma joue est à un souffle de sa peau. J'aimerais qu'une embardée pousse ma timidité encore plus près de lui, pour, peut-être, lui glisser un baiser qu'il ne sentira pas. Mais il descend, et je reste là. Il est accompagné d'un jeune homme, ils se prennent par la main et s'éloignent.
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AUTHOR: Chryde Barrow
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DATE: 4/3/2003
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Couloirs
1, 5, 8.
Jérémie : Il est des couloirs inoubliables, des embranchements encore et toujours plantés dans nos têtes comme on fiche un clou du bout du pouce dans le plâtre mou. Que deux lignes s'éloignent et nous voilà courant des yeux l'horizon pour un point de fuite.
Rien en 1789 ne se passa là. Nous sommes dessous la révolution. Rien en 1789. La révolution nous la balayons, et l'histoire de France, et les combats glorieux. Mille fois plus grande est notre gloire de tracer deux traits intimes sur notre petit champ de bataille au coin d'un couloir.
C'est son dos que je vois et quand je ne le vois plus, je sais simplement la faïence blanche au-dessus de sa tête, je sais les panneaux bleus qu'elle suit. Je sais tout d'elle : quel strapontin, quel fâcheux qui l'aborde, quel chemin jusqu'à son lit je le connais ce chemin.
Avant son dos je la voyais. Sûrement nos mains se sont-elles touchées. Et puis la fourche a fait son affaire, chacun trouvant sa rame.
Alors maintenant la République ou la Terreur, qu'importe.
Pas un sans-culotte n'aura connu ce qu'est combattre, ce que résistance veut dire.
Regardez aux carrefours souterrains ces deux-là debout comme deux poireaux blancs du blanc de leurs yeux plantés dans l'autre.
Tous les jours ils sont là et se disent que ça ira ça ira ça ira, ah. Tous les jours ils sont là dans leur bulle au bout de leur fourche, et maudissent le gruyère de n'être pas un plus simple fromage. Ces deux-là regardez-les mais vous ne voyez rien que deux adolescents courbés tête contre épaule, pas souriant et pas pleurant, en équilibre sur le coin d'un mur, et que ce coin déchire. Vous ne voyez rien que deux humains debout la ville au-dessus des épaules, et pauvres.
Mais ils sont la noblesse en train de se couper la tête.
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AUTHOR: Chryde Barrow
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DATE: 4/2/2003
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Ligne 6
QUELQUES GRAMMES DE DOUCEUR...
Anonyme : Il était prêt de minuit, j’étais dans le métro sur la ligne 6.
Un peu mélancolique et fatiguée je me laissais bercer par les mouvements du train, le wagon était calme presque éteint.
Un homme est entré , avec sa guitare.
Il s’est appuyé contre la porte , et a entonné doucement « Some people call me space cowboy ».
Il n’était pas rasé, il regardait par terre, il chantait tout doucement, c’était beau.
Je le regardais.
A la station Trocadéro une vingtaine de gamins anglais ont brusquement débarqué dans le wagon.
J’ai eu peur, on n’allait plus l’entendre…
Mais la magie du métro a parfois du bon… Ils se sont tous installés autour du chanteur sur des strapontins et se sont tus.
Ils ont écoutés les têtes appuyées sur leurs mains, en souriant.
A la fin de la chanson ils ont applaudis. Il a embrayé sur « O bla di o bla da », ils ont tous repris le refrain.
A la dernière strophe, ils l’ont tous regardé espérant qu’il chanterait encore mais il a pris sa guitare, il a ouvert la porte, il est sorti sans même faire passer son chapeau.
La porte s'est refermée sur lui, il a enfin relevé les yeux, ils étaient bleus.
J’ai pensé que plus tard j’aimerais avoir un enfant… Ou un guitariste
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AUTHOR: Chryde Barrow
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DATE: 3/30/2003
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Ligne 9
LE PETIT BANC
CHRYDE : Lorsque l'on arrive de Paris, la station Porte de St-Cloud offre une étroite sortie deux mètres avant le début du quai. Devant ces deux derniers mètres de carreaux blancs, ils ont posé un tout petit banc en bois verni. Il n'est pas arrimé au mur. Il n'est pas comme les autres, semble posé là par les employés de la station plus que par la RATP. Situé après la sortie, dans un coin riquiqui, gêné par les imposants postes de communications, il est comme coupé de la vie du métro, des flux, des wagons qui passent et des barrières qui tournent.
Souvent, il y a quelques personnes assises dessus. Des personnes qui ne bougent pas, qui semblent tout aussi détachées du mouvement ambiant. Des personnes que je n'ai jamais vues, quelles qu'elles soient, se lever pour monter dans une rame, dont je ne sais ni pourquoi elles sont entrées là, ni si elles finissent par entrer dans un wagon. C'est la particularité de ce banc : on ne s'y asseoit pas pour prendre le métro. J'y ai vu trois hommes y préparer leur tiercé, coupures de pronostics jaunes sur les genoux. J'y ai vu un homme d'un autre temps, espèce de M. Hulot à l'imper gris-mauve sans un pli, Panama sur la tête, laisser passer les métros sans bouger. Quand je sors à Porte de St Cloud, un petit banc m'offre quelquefois un tableau insolite, bref et savoureux.
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AUTHOR: Chryde Barrow
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DATE: 3/26/2003
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RER, Ligne A
JE SUIS EN RETARD...
Léa, MOTS PASSANTS : Je me hâte, m'extirpe tant bien que mal du RER A et de son flot humain aux relents ecoeurants. Petit slalom rapide, je gravis deux à deux les marches qui me méneront vers la lumière de mon rendez-vous amoureux.
Une machine à café dans le hall de la station, à mi chemin de l'air libre.
Un homme devant la machine, l'air perdu. Sa paillasse capillaire retombe lourdement dans son dos, un halo de poussière l'accompagne dans les néons jaunâtres. Un long drap blanc, maculé de toute sorte de choses, le recouvre entièrement, retenu à la taille par une corde stressée.
Jésus, ressuscité, perdu au milieu de l'Anonyme, dans son cocon.
L'homme me regarde, fixement. Ses rais irisés m'attirent à lui. "Pourriez-vous me faire de la monnaie, la machine ne la rend pas et je n'ai qu'un euro".
J'accepte volontiers, et refuse mentalement la pièce qu'il me tend. Je lui donne l'appoint pour un café et m'éloigne, de retour dans ma Vie.
Il me rattrape, me tend la pièce avec autorité :"notre planète n'est pas la même, je ne peux accepter votre argent".
Rencontre atemporelle.
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AUTHOR: Chryde Barrow
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DATE: 3/25/2003
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BUG
Désolé pour la matinée de vide. Pour me rattrapper, j'ai mis en ligne la page "Participer"
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AUTHOR: Chryde Barrow
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DATE: 3/24/2003
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Ligne6
CHOC DES CULTURES
SABRINA : Ligne 6 dans sa partie aérienne, à La Motte-Picquet un musicien monte dans la rame. Un look improbable de bûcheron canadien croisé avec un cascadeur de western version Disneyland. Visiblement c'est un guitariste, électrique s'il vous plait, et accompagné d'un ampli avec mélodie en toc pré-enregistrée Il appuie sur On et la réalité commence à vaciller. Un air de banjo hystérique au synthé démarre et le plus sérieusement du monde, cet individu se met à jouer de la country à toute berzingue. Son regard fixant le lointain, il ressemble à une caricature de cow-boy: yeux plissé à la Clint Eastwood dans les Sergio Leone, sauf que musicalement on est plus proche de la reprise de Morricone par un André Rieux avant son entrée en HP. Visiblement je ne suis pas la seule qui ai remarquée son côté Wild Wild West, la majorité du wagon réprime difficilement gloussements et autres éclats de rire. Peine perdue quand un petit mec en Lacoste et Air max suivi de quelques potes se mettent à arpenter la longueur de la rame au grand galop sur des montures invisibles, en ponctuant leurs déplacements de hennissements et de "ohh là, tout doux mon beau!". Le plus étonnant c'est que ce musicien devait vraiment être un cow-boy coincé dans un univers parallèle: comment expliquer sinon qu'il soit resté totalement imperturbable face à la horde sauvage de ces amateurs de rap se moquant ouvertement de lui? Trois stations plus tard, il est descendu vers de nouvelles aventures.
Dur d'être un cow-boy de métro.
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AUTHOR: Chryde Barrow
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DATE: 3/24/2003
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Montparnasse
MA PHOTO SUR LE TAPIS ROULANT

Blog9 : C'était le dimanche 9 mars sur le tapis roulant de la station Montparnasse...
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AUTHOR: Chryde Barrow
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DATE: 3/20/2003
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BODY:
Ligne 13
C'EST DANS MA TÊTE OU DANS LE TUNNEL ?
Isabelle : J'use de la ligne 13 quotidiennement. Et voilà des années que je me pose la meme question, mais elle est si fugace que je l'oublie aussitot formulée, pour la retrouver quelques temps plus tard... Bon, je m'explique.Cela se passe entre Champs-Elysées et Invalides, le tunnel est long entre ces deux stations. A un certain point de ce tunnel, appelons-le le Point O (je suis quasiment sure qu'il s'agit toujours du meme endroit mais il faudrait que je pense à compter les secondes, ce que je ne fais pas), une odeur m'assaille, très désagréable et pourtant assez subtile, impalpable, le genre d'odeur que vous perdez aussitot sentie. Cela sent le vomi, comme dans une rame de nuit en bout de ligne. Le temps de plisser le nez, de jeter un oeil aux autres passagers pour voir s'ils sont aussi incommodés, mais non, ils ont l'air aussi absents au monde que d'habitude, enfermés en eux-meme, et je ne sens plus rien. Odeur fantome. Suis-je la seule a sentir cela ? Une nouvelle race de spirite olfactive ? Ou d'autres usagers ont-ils vécu la meme expérience sensorielle ? Y a-t-il des lignes dont le Point O sent l'amandier ou le clafouti ? Quelqu'un a-t-il une réponse ? Une suggestion ?
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AUTHOR: Chryde Barrow
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DATE: 3/16/2003
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Ligne 2
LES TROIS LOUTRES
Trois filles. Elles doivent avoir la quinzaine, je ne sais plus, j'ai de plus en plus de mal à savoir. Avec elles un gamin plus grand que moi, deux fois mon poids et une voix qui n'a pas encore connu ses premiers poils. A quatre sur le quai de Jaurès, il font plus de bruit que quarante dindons. Gloussent, crient, se poussent, s'insultent, comme seuls au monde. La pire est la grande soeur du petit grand. Elle fait deux fois son poids pour la moitié de sa taille, elle est une ôde à la vulgarité : arrogance crasse, voix de crécelle qu'elle porte largement au dessus des niveaux maximum pronés par l'OMS.
Un premier métro arrive, ultra bondé. Je renonce, comme beaucoup, à y monter, les trois filles aussi. Mais le gamin s'aventure. Sa soeur gueule, hurle, aboie : "Descends de là ! Ta race ! Mais descend de là ! Sur la vie de ma mère ! Descends de là ! ". Le tout en tirant son frère qui résiste et bouscule ainsi les autres voyageurs. Après trois bonnes minutes de ce jeu, le petit finit par céder, les portes du métro se ferment. L'une des filles réussit à jeter un papier gras dans l'interstice sur les pauvres voyageurs coincés.
Deuxième métro, nous montons tous et ils continuent leur raffut. A Stalingrad, trois petites cailleras assez classe embarquent. Flegmatiques, ils regardent le manège des trois pouffettes avec un air dédaigneux. A La Chapelle, les loutres sortent. Les trois cailleras se penchent, le plus petit déclare "Putain la grosse, elle est trop cheum !". Un autre se penche à son tour, crie un "La Porte !" autoritaire. La porte se ferme. Je desends à Pigalle.
PS : Merci pour les premières contributions. Je pars quelques jours en vacances, je ne pourrai les mettre en ligne tout de suite, mais je ne vous oublie pas. En passant, c'est bizarre, je n'ai reçu que des histoires de parias, de paumés. Le métro est-il si triste que cela ?
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AUTHOR: Chryde Barrow
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DATE: 3/14/2003
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Dans le TGV aussi, il y a de quoi raconter des histoires : Les Autres - Je vous sers un petit jus de pamplemousse ?
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AUTHOR: Un(e) Invit?(e)
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DATE: 3/13/2003
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Ligne 6
PREMIER POST D'INVITE
SARAH : C'était il y a quelques années déjà. Fin de stage dans une administration, fin d'une histoire qui était une erreur. Ce soir là, j'étais sur la ligne qui relie Trocadero à Place d'Italie. Et là, tout a coup, ce SDF, qui avait l'air d'un père Noël qui aurait été malmené par la vie, est entré dans notre rame. Regard vague, mots incompréhensibles, démarche aux pieds nus, pleine de maladresse. Les gens se sont ecartés avec soin, pour éviter ce voisin gênant : gênant par l'odeur, gênant par l'aspect. Il s'est assis sur le strapontin à côté de moi, et je n'ai pas bougé. Regards des autres passagers: mi-compatissants (la pauvre jeune fille), mi-gênés (pourquoi reste-elle a cote de ce clodo ?). Le Père Noël essaye de me parler, veut une petite piece que je lui donne, bredouille des choses sur sa fille... Je ne comprends pas très bien, mais j'essaie de lui répondre. Cela lui fait plaisir visiblement, ça doit changer quelqu'un qui lui adresse la parole. Il me prend la main, me sourit. Tout le monde me regarde avec un air gêné, comme si j'avais été contaminée par une chôse gênante. Quand je suis descendue, laissant père Noël à son triste sort, j'avais mal au coeur et une irrépressible envie de pleurer. D'ailleurs j'ai pleuré sur le quai, je ne sais pas pourquoi, d'impuissance, sans doute.
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AUTHOR: Chryde Barrow
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DATE: 3/13/2003
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Ligne 9
LE VIOLON ETAIT FAUX
C'est un début de soirée, peu après les wagons surremplis. À la troisième station, un vieil homme rentre, penaud, avec un sourire défoncé qui a oublié pourquoi il était sur ce visage. Dans une main, un violon, dans l'autre un archet. Avec l'ami qui parcoure les stations avec moi, nous nous attendons au pire. Aux éternelles ritournelles trop jouées dans trop de métros, à l'embarras qui les accompagne.
Nous ne nous attendons pas à ce pire là, à une musique si affreuse et maladroite qu'elle en devient touchante. Sans se départir de son sourire, concentré, le petit vieux se met à jouer et déchire les notes, fait trébucher les rythmes, écorche les mélodies avec un air si sincèrement consciencieux qu'il ne peut que nous attendrir. Nous nous taisons, sans pouvoir nous empêcher de rire, souvent, lorsque le massacre est trop violent. Nous nous taisons pour mieux nous délecter, bienveillants et sadiques, de ce spectacle burlesque malgré lui, émouvant tant il s'offre naïvement à notre cruauté.
Il joue sur cinq ou six stations.Ce soir là, je donne une pièce à un musicien.
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AUTHOR: Chryde Barrow
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DATE: 3/11/2003
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Ligne 11
QUINTUPLE FOYER
République. Sur le strapontin d'à côté, un jeune père aux cheveux grisonnants, le visage massif et cordial d'un Jim Jarmush. Il regarde son enfant, un an et demi, deux ans, qui dort dans sa poussette, la tête en arrière, la bouche entrouverte qui laisse apparaître deux petites dents. Ce regard donnne envie d'être père, d'avoir ces yeux là. J'ai envie de scruter le visage de ce père pour y trouver quelque empathie avec laquelle embellir mon trajet, je n'ose pas.
Arts et Métiers. Plusieurs personnes entrent. Parmi elles un arabe d'une quarantaine d'années, joues creuses, cheveux courts maladroitement coupés, lunettes quintuple foyer. On a du mal à savoir où il regarde. Il reste debout, à deux corps de l'enfant. Il se penche vers lui, essaie quelques bonjours qui se voudraient tendres mais restent saccadés et inquiétants. L'enfant ne se réveillant pas, l'homme se relève et commence à maugréer, ponctuant son flou monologue d'insultes plus violentes. "Fils de pute !", "mmmmmm nanananan PEDOPHILE !".
Il s'avance vers une banquette où un blondinet de trois ans est assis à côté de sa mère. Il se penche, fait un sourire, dit quelques bonjours. L'enfant prend peur, l'homme se relève, recommence à parler seul, insulte on ne sait qui, reproche à un "salaud" d'être, encore, un "pédophile". Il s'asseoit, se tourne vers moi, continue son discours. Ses lunettes sont trop épaisses, je ne vois pas ses yeux.
Rambuteau. Je descends.
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AUTHOR: Chryde Barrow
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STATUS: Draft
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PRIMARY CATEGORY:
DATE: 3/7/2003
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Ligne 2
EUPHORIE D'AUBE
Tôt le matin, certains énergumènes ouvrent les fenêtres du wagon pour interpeller quatre filles sur le quai et leur reprocher d'avoir brisé le coeur d'un gars aperçu avec elles à l'entrée de la station. Ces mêmes énergumènes parlent à voix haute, plaignent le voisin qui prend le métro pour partir au travail, chantent, sortent puis rentrent à chaque arrêt, courent sur le quai alors que le métro démarre en faisant des grimaces à des inconnus. Quelquefois, l'un de ces énergumènes s'appelle Chryde. La gueule de bois est prévue.
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AUTHOR: Chryde Barrow
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STATUS: Draft
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PRIMARY CATEGORY:
DATE: 3/7/2003
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Ligne 9
LES YEUX
Assis sur un fauteuil trop étroit contre la fenêtre, dans un métro bondé, avec le casque sur les oreilles, le wagon et sa population nous semblent d'autant plus étranges. On n'entend quasiment rien, on est loin, et les regards sont alors plus parlants que de coutume.
Il y avait cette fille ce matin, plutôt jolie. Je pouvais lire ce qui se passait dans sa tête, imaginer les pensées qui s'y succédaient rien qu'en regardant son visage. Elle changeait d'expression toutes les dix secondes. Fronçait les sourcils, se mordait la joue, penchait la tête, plissait les yeux, les faisait rouler, appuyait ses lèvres l'une contre l'autre puis souriait, tout cela avec une extravagance silencieuse et très probablement inconsciente.
Il y avait, ce soir, ce grand garçon au physique de Danois, qui portait un pull de ski qui avait du être acheté sous Giscard et d'une veste en velours à très grosses mailles. Il avait des yeux bleux aux orbites enfoncées sous des sourcils épais et blonds, et il regardait droit devant lui. Il ne fixait rien, mais ses yeux ne bougeaient pas, comme s'il menaçait ce rien d'un terrible courroux.
Il y avait surtout cette fille montée dans le wagon avec son copain. Cette fille à la bouche trop petite et rentrée pour ses joues gourmandes et rebondies. Ses yeux étaient très clairs, trop clairs, vitreux et grand ouverts. Humides, ils s'ouvraient au delà de la pupille et zigzaguaient à une vitesse folle, les sourcils hauts et la bouche, toujours rentrée. Elle avait l'air effrayé d'une poupée que l'on a mis trop vite dans nos souterrains agités. Elle était une poupée. J'avais l'impression que si on la couchait, d'un coup ses paupières se fermeraient.
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AUTHOR: Chryde Barrow
TITLE:
STATUS: Draft
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PRIMARY CATEGORY:
DATE: 3/6/2003
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UN DEBUT
Bon, je me suis finalement décidé à concrétiser cette idée travaillée lors de mes longs trajets de métro. Tout n'est pas encore bouclé, il faut que j'installe un système de commentaires, que je finisse quelques pages, mais le principal est là.
Je ne pouvais pas ne pas rendre hommage à Rer Metro Bus qui s'est lancé avec talent sur ce terrain avant que je ne l'investisse à mon tour : il est donc en lien dans le menu gauche, allez y faire un tour.
Ce weblog est appelé à être collectif. Il s'appelle ligne 9, en hommage aux 24 stations que je traverse quotidiennement entre Mairie de Montreuil et Pont de Sèvres, mais j'aimerais qu'il parle de toutes les lignes, de toutes les stations, des voyageurs en tout genre... J'en appelle donc à vous. En attendant que la page "Participez" soit bouclée, petite explication. Vous pouvez être un invité ponctuel ou un participant. Dans les deux cas, envoyez moi un mail, en me précisant si votre texte est un one shot ou si vous souhaitez contribuer plus régulièrement à la chose. Dans ce dernier cas, je vous inscrirai comme participant. Quoi qu'il en soit, n'hésitez pas. Les histoires de métro sont nombreuses, vous en avez forcément une en tête.
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